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Comment les petits fabricants de dispositifs médicaux organisent leur conformité réglementaire

Kevin Mandrick · Publié le 29 juin 2026 · Dernière revue le 21 juin 2026

Un petit fabricant de dispositifs médicaux affronte des obligations réglementaires largement comparables à celles d'une multinationale. Le RDM — règlement (UE) 2017/745 — ne prévoit aucun régime simplifié fondé sur la taille de l'entreprise : les exigences sont déterminées par le type de dispositif et son niveau de risque, pas par les ressources du fabricant. La vraie souplesse qu'il accorde aux plus petites structures est organisationnelle — la possibilité de recourir à une personne chargée de veiller au respect de la réglementation (PRRC) externe — et elle ouvre la voie à des modèles de conformité plus modulaires, sans jamais déplacer la responsabilité hors du fabricant.

Un consultant qualité / affaires réglementaires externe agit comme PRRC partagée auprès de trois petits fabricants à la fois. Chaque fabricant garde sa propre direction et son équipe qualité / réglementaire interne, et le consultant travaille aux côtés de cette équipe plutôt que de la remplacer. La responsabilité réglementaire reste portée par chaque fabricant au titre de l'article 15 du RDM.

Un secteur dominé par les PME

Le secteur européen des dispositifs médicaux est, selon les termes mêmes de la Commission européenne, « caractérisé par le rôle actif des petites et moyennes entreprises » (aperçu du secteur des dispositifs médicaux de la Commission). Les données le confirment : en juin 2026, MD Atlas a indexé 25 807 fabricants dans EUDAMED — un sous-ensemble indexé des données publiques, et non la base complète — dont environ 80 % portent cinq dispositifs ou moins au registre public.

Cette lecture appelle des nuances. EUDAMED reste incomplet en 2026 : beaucoup de fabricants n'ont pas fini d'y enregistrer leur portefeuille, certains portefeuilles ne sont que partiellement visibles, et le nombre de dispositifs déclarés ne reflète pas toujours la taille réelle de l'entreprise. La tendance reste néanmoins nette — une large part de l'écosystème est constituée d'acteurs de taille modeste, aux ressources internes limitées. MD Atlas suit ces données à mesure qu'elles se complètent.

Des obligations largement indépendantes de la taille

C'est un point central, et souvent sous-estimé. L'article 10 du règlement (UE) 2017/745 — « Obligations générales des fabricants » — s'applique à tous, quel que soit l'effectif. Il impose notamment un système de gestion des risques, une documentation technique conforme aux annexes II et III, une déclaration UE de conformité et le marquage CE, l'enregistrement du fabricant et de ses dispositifs (articles 29 et 31), un système de management de la qualité (article 10, paragraphe 9) et un système de surveillance après commercialisation (article 10, paragraphe 10). Une société de cinq personnes qui met un dispositif de classe IIa sur le marché doit produire un niveau de preuve réglementaire comparable à celui d'un acteur bien plus grand.

Il existe néanmoins une notion de proportionnalité : le système qualité et la surveillance après commercialisation s'ajustent au type de dispositif et à son niveau de risque, les exigences cliniques se modulent selon le risque et l'équivalence, et plusieurs guidances du MDCG reconnaissent explicitement la contrainte des PME. Ce n'est pas un allègement structurel — c'est une mise à l'échelle des mêmes obligations.

Une flexibilité explicite : la PRRC externe

La seule concession du RDM à la petite taille est l'article 15, paragraphe 2, et il est précis :

« Les micro et petites entreprises au sens de la recommandation 2003/361/CE de la Commission ne sont pas tenues de disposer en interne de la personne chargée de veiller au respect de la réglementation, mais ont une telle personne en permanence et de manière continue à leur disposition. »

Les seuils viennent de la recommandation 2003/361/CE de la Commission : une micro-entreprise compte moins de 10 salariés (et ≤ 2 millions d'euros de chiffre d'affaires ou de total de bilan) ; une petite entreprise, moins de 50 salariés (et ≤ 10 millions). En deçà de ces seuils, vous pouvez avoir une PRRC externe — à condition qu'elle remplisse réellement les qualifications de l'article 15, paragraphe 1, qu'elle soit disponible de manière continue, et que son rôle soit véritablement intégré à l'organisation. La définition des PME de la Commission précise où vous vous situez.

Un point doit rester clair : la PRRC a une fonction de supervision et de vérification, et la responsabilité réglementaire reste entièrement portée par le fabricant, y compris lorsque cette fonction est externalisée. Externaliser la PRRC ne déplace donc pas le travail de conformité hors de l'entreprise — cela donne accès à une compétence qualifiée sans l'inscrire à la masse salariale.

Des modèles organisationnels souvent hybrides

En pratique, les PME adoptent rarement une approche entièrement interne ou entièrement externalisée. Les organisations les plus courantes sont hybrides : un responsable qualité / affaires réglementaires interne, une PRRC interne ou externe, et des spécialistes mobilisés selon les besoins. Le modèle combine maîtrise interne et expertise ciblée.

Un même consultant qualité / affaires réglementaires peut ainsi assumer la fonction de PRRC pour plusieurs fabricants à la fois, aux côtés des dirigeants et des équipes réglementaires en place. Autour de cette fonction, un réseau de spécialistes externes peut couvrir les soumissions RDM/RDIV, le système qualité ISO 13485, l'évaluation clinique (CER) et la vigilance après commercialisation — chaque expertise mobilisée quand elle est nécessaire, sans multiplier les postes permanents.

Vérifier les compétences dans un modèle distribué

Le revers d'un modèle partiellement externalisé, c'est la vérification des compétences : vous confiez une responsabilité à des personnes hors de vos murs. Le registre public d'EUDAMED aide à recouper plusieurs faits. Quand un prestataire cite des clients passés, vous pouvez rechercher ces fabricants parmi les acteurs enregistrés, confirmer leur SRN, examiner les dispositifs qu'ils ont déclarés et consulter les certificats d'organisme notifié derrière ceux à risque plus élevé.

Ses limites comptent tout autant : EUDAMED n'identifie pas les personnes ayant contribué à un dossier, n'établit aucun lien direct entre un consultant et un dispositif, et ne reflète pas l'historique opérationnel des prestataires. Il permet de recouper des informations, pas de valider directement l'expérience d'une personne.

Structurer l'accès à l'expertise

C'est précisément là qu'un annuaire spécialisé est utile. EUDAMED n'est pas un annuaire d'experts — mais l'annuaire QA/RA de MD Atlas en construit un par-dessus, en recoupant les professionnels avec les acteurs vérifiables d'EUDAMED. Plusieurs PRRC y sont déjà référencées, ainsi que de nombreuses personnes capables de vous accompagner dans ce rôle près de chez vous. Un tel outil ne remplace pas la diligence du fabricant, mais il réduit l'incertitude au moment de choisir un partenaire externe.

Conclusion

Le RDM impose des obligations exigeantes, largement indépendantes de la taille de l'entreprise. Pour une petite structure, l'enjeu n'est donc pas de réduire ces exigences, mais de trouver une manière viable de les satisfaire. La possibilité de recourir à une PRRC externe est une souplesse clé, qui s'inscrit dans une évolution plus large vers des modèles hybrides — ressources internes limitées et expertise externe ciblée. Les obligations ne sont pas négociables ; la façon de les organiser, elle, reste ouverte, et devient un levier stratégique pour les petits fabricants. Pour le texte juridique, les articles 10 et 15 du RDM font foi.

Revu par un expert en affaires réglementaires

Audrey Gilbert

Audrey Gilbert

Docteure en pharmacie — consultante experte qualité & affaires réglementaires en santé, accompagne les entreprises à sécuriser et développer leurs activités

Agila Conseil
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