Kevin Mandrick · Publié le 10 juin 2026 · Dernière revue le 9 juin 2026
Le marquage CE d’un dispositif à risque élevé se lit volontiers comme la preuve que le dispositif est lui-même conforme. Ce n’est pas tout à fait cela : il matérialise d’abord l’engagement du fabricant quant à cette conformité — et, au-delà de la classe I générale (et pour les DM de classe I stériles, à fonction de mesurage ou instruments chirurgicaux réutilisables), cette conformité repose sur un certificat d’organisme notifié. Ce certificat atteste qu’un organisme indépendant et désigné a évalué la démonstration de conformité du fabricant — son système de management de la qualité, ou la documentation technique d’un dispositif, selon le type. C’est dans EUDAMED que ces certificats sont rendus accessibles — l’organisme notifié, le fabricant, le type d’évaluation, la période de validité, le statut — autrefois difficiles à retrouver. Savoir en lire un est une compétence clé en affaires réglementaires, en qualité comme aux achats.
En juin 2026, MD Atlas a indexé 1 553 certificats d’organismes notifiés issus d’EUDAMED — un sous-ensemble indexé des données publiques à cette date, et non un décompte exhaustif d’EUDAMED. C’est suffisant pour illustrer chaque notion ci-dessous et recouper les fabricants et dispositifs couverts. Chaque chiffre provient d’une requête MD Atlas que vous pouvez relancer, à lire au regard de ce périmètre d’indexation.
Au titre du règlement (UE) 2017/745 et du règlement IVDR ((UE) 2017/746), un organisme notifié délivre un certificat lorsqu’une procédure d’évaluation de la conformité relevant de son intervention aboutit favorablement. L’annexe XII du MDR fixe le contenu minimal d’un certificat délivré au titre du MDR (l’IVDR comporte son annexe équivalente) ; la fiche EUDAMED permet de vérifier plusieurs informations :
Chacun de ces éléments est une question à laquelle un relecteur doit pouvoir répondre en quelques secondes ; ensemble, ils indiquent si la base de conformité d’un dispositif est saine aujourd’hui.
Tous les certificats n’ont pas la même portée. Un certificat de système de management de la qualité atteste que le SMQ du fabricant a été évalué favorablement au regard des exigences applicables — et non que chaque dispositif a été évalué individuellement ; un certificat de documentation technique ou d’examen de type porte sur un dispositif, une famille ou un périmètre technique déterminé. Un fabricant peut détenir un certificat SMQ valide alors que la documentation technique d’une ligne de produits est encore en cours d’évaluation. Lire le type — et pas seulement la présence — d’un certificat distingue un contrôle utile d’un simple cochage de case.
C’est aussi là que jouent les règles de transition du MDR. Au titre de l’article 120 du règlement — ses dispositions transitoires, telles que modifiées par le règlement (UE) 2023/607 —, de nombreux dispositifs peuvent encore être commercialisés sous des certificats hérités des anciennes directives, et les conditions qui s’y attachent diffèrent d’un certificat MDR récent. Quand vous lisez un certificat, rattachez-le toujours au règlement au titre duquel il a été délivré, et vérifiez les conditions de sa validité.
Le champ statut est le signal le plus rapide — mais lisez-le au regard du périmètre du certificat : une suspension ou un retrait peut ne concerner qu’une partie de ce qu’il couvre.
Un certificat suspendu ou retiré sur un dispositif que vous vous apprêtez à acheter, prescrire ou distribuer est précisément le constat qui mérite une vérification directe dans EUDAMED — son périmètre, le dispositif, le cadre réglementaire, et l’existence d’un renouvellement.
Le portail officiel permet de retrouver un certificat si vous savez déjà ce que vous cherchez. En pratique, un relecteur qualité, affaires réglementaires ou achats part plutôt du fabricant ou du dispositif et remonte vers le certificat :
Travailler dans ce sens — fabricant, dispositif, certificat — reflète la manière dont la conformité s’articule réellement et fait apparaître des situations qui méritent une vérification : un dispositif à risque élevé sans certificat en vigueur, un certificat dont le périmètre ne semble pas correspondre au dispositif, ou un certificat délivré au titre d’un cadre réglementaire antérieur — autant de cas qu’une simple recherche ponctuelle manquerait.
Pour les équipes qualité, affaires réglementaires et vigilance, un certificat n’est pas une case statique. Son statut peut évoluer — au gré des audits de surveillance, des non-conformités, des suspensions, des retraits ou des renouvellements — et ces évolutions se répercutent sur les obligations post-commercialisation. Traitées comme un signal vivant plutôt que comme une vérification ponctuelle, les données de certificat d’EUDAMED peuvent contribuer à la surveillance réglementaire, à l’analyse du risque d’approvisionnement et au maintien de la conformité — à lire au regard du périmètre du certificat et des informations détenues par le fabricant.
Un certificat d’organisme notifié n’est pas une garantie absolue à lire isolément. C’est un point d’entrée utile : qui a évalué le fabricant ou le dispositif, sur quel périmètre, au titre de quel cadre réglementaire, et si cette évaluation tient toujours aujourd’hui. Apprenez à le lire, et une grande part de l’incertitude réglementaire se résout en quelques secondes de vérification.

Pharmacienne — systèmes de management de la qualité, conformité réglementaire, surveillance clinique et vigilances sanitaires