Adrien Lemaire · Publié le 12 juin 2026 · Dernière revue le 5 juin 2026
Peu de sujets déroutent davantage celles et ceux qui débutent dans la réglementation européenne des dispositifs médicaux que la famille des identifiants IUD (UDI en anglais). IUD-ID de base, IUD-ID, IUD-IP — les termes se ressemblent, mais chacun remplit une fonction distincte, et les distinguer est essentiel pour enregistrer correctement les dispositifs dans EUDAMED.
En juin 2026, MD Atlas a indexé 1 020 930 dispositifs issus d’EUDAMED. Ce nombre est un sous-ensemble indexé des données publiques, et non la population complète des dispositifs, mais il suffit largement à voir comment la hiérarchie IUD organise un portefeuille. Vous pouvez parcourir les dispositifs indexés ici. (Chaque chiffre de cet article renvoie à la recherche qui le produit.)
Le système d’identification unique des dispositifs, défini par le règlement (UE) 2017/745, comporte trois niveaux :
Une image utile : l’IUD-ID de base est la « ligne de produits », l’IUD-ID est la « référence », et l’IUD-IP est l’« unité précise en rayon ».
L’IUD-ID de base est le point d’entrée de la documentation réglementaire. C’est la clé sous laquelle sont associés les certificats, les déclarations de conformité et le résumé des caractéristiques de sécurité et des performances cliniques. Il n’apparaît volontairement pas sur l’étiquette ou l’emballage — c’est une construction de base de données et de documentation, pas un identifiant à scanner.
C’est important, car c’est le niveau auquel les autorités raisonnent. Lorsqu’un organisme notifié certifie une famille, ou qu’un fabricant dépose sa documentation technique, l’IUD-ID de base est l’ancrage. Un IUD-ID de base peut chapeauter de nombreux IUD-ID : une même famille d’instruments chirurgicaux peut couvrir des dizaines de tailles, chacune avec son propre IUD-ID mais toutes partageant un seul IUD-ID de base.
L’IUD-ID est l’identifiant qui apparaît effectivement, encodé, sur le dispositif. Il est émis sous une entité d’attribution accréditée — GS1, HIBCC, ICCBBA ou IFA — et constitue la clé lisible par machine qu’un hôpital scanne au point d’utilisation. Parce qu’il désigne une variante précise, c’est aussi le niveau où se jouent la traçabilité, les rappels et la gestion des stocks.
La relation est strictement hiérarchique : chaque IUD-ID appartient à exactement un IUD-ID de base, mais un IUD-ID de base couvre généralement plusieurs IUD-ID. Pour évaluer le portefeuille d’un fabricant, compter les IUD-ID de base indique le nombre de familles commercialisées ; compter les IUD-ID indique le nombre de variantes.
La classification au titre du MDR s’opère au niveau de la famille, ce qui explique précisément pourquoi l’IUD-ID de base regroupe des dispositifs de même classe de risque. Vous ne pouvez pas réunir un dispositif de classe IIa et un de classe III sous un même IUD-ID de base, car leurs voies de conformité diffèrent. Pour qui prépare un enregistrement, la règle pratique est là : l’IUD-ID de base est l’unité de vérité réglementaire, et les IUD-ID qui en dépendent héritent du contexte de classification et de certification de cette famille.
En explorant les dispositifs en pratique, la hiérarchie devient visible. Depuis la fiche d’un fabricant, vous pouvez accéder à ses dispositifs et voir comment les variantes se regroupent en familles ; depuis un dispositif, vous pouvez remonter à son IUD-ID de base et rejoindre les certificats qui le couvrent. Vous pouvez aussi affiner la recherche de dispositifs par caractéristiques pour voir comment se répartissent les variantes d’une famille.
Les erreurs d’enregistrement les plus fréquentes viennent de la confusion entre ces niveaux : placer des données de production là où vont des données de variante, scinder une famille en plusieurs IUD-ID de base, ou supposer qu’un IUD-ID seul suffit à décrire la situation réglementaire d’un dispositif. Gardez la hiérarchie en tête et le modèle reste propre :
Maîtrisez cette structure et EUDAMED cesse de ressembler à une forêt arbitraire de codes pour se lire comme ce qu’il est : une carte précise et hiérarchique du marché européen des dispositifs.

Docteure en pharmacie — consultante experte qualité & affaires réglementaires en santé, accompagne les entreprises à sécuriser et développer leurs activités